Un village qui a mis presque un siècle à décrocher son étiquette
Alors oui, Cairanne fait du vin depuis des lustres, mais devenir une appellation à part entière, ça ne s'est pas fait en criant "santé". Il a fallu de nombreuses années de patience et de politique locale pour y arriver.
Ça commence en 1929, quand une bande de vignerons du coin décide de s'organiser pour défendre le vin du village, et créent la cave coopérative de Cairanne ainsi que le Syndicat de Défense des Intérêts Viticole de Cairanne. En 1937 Cairanne entre dans l'aire d'appellation des Côtes du Rhône. En 1959, le Caveau du Belvédère ouvre ses portes, premier caveau collectif de tout le Côtes-du-Rhône, excusez du peu. En 1967, nouvelle étape avec le statut Côtes-du-Rhône-Villages.
Puis en 2008, les vignerons se lancent dans le vrai dossier : celui qui doit faire de Cairanne une appellation indépendante, un "cru". Il faudra attendre huit ans de plus pour que ça aboutisse. Le 29 juin 2016, c'est officiel : Cairanne devient Cru des Côtes du Rhône et une AOP à part entière.
Bilan aujourd'hui : plus de 1088 hectares de vignes, environ 4 millions de bouteilles produites chaque année, et une appellation qui compte 50 caves particulières, 8 caves coopératives et 20 maisons de négoce.
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Un terroir qui fait toute la différence
Ce qui rend Cairanne un peu à part dans le paysage du Rhône méridional, ce sont ses sols. Le village est posé sur un vrai patchwork de terroirs : les Collines du Miocène, fameuse Montagne du Ventabren qui domine le paysage, constituées de cailloutis calcaires et de marnes au nord, argiles rouge généreuses, sables fins et terrasses caillouteuses côté rivière Aygues, et les Terrasses des Garrigues formées d'alluvions caillouteuses et d'argiles rouges, riche en oxyde de fer.
Ajoutez à ça un climat méditerranéen bien sec, chauffé toute l'année, et un mistral qui souffle et devient un vrai régulateur naturel qui assainit les vignes et concentre les arômes dans le raisin.
Grenache, Syrah, Mourvèdre : le trio qui fait le caractère du rouge
Le Cairanne rouge, qui représente environ 94% de la production, mise sur un assemblage bien précis : du Grenache en majorité, de la Syrah, du Mourvèdre, et parfois un peu de Cinsault, de Counoise ou de vieux Carignan pour équilibrer le tout.
Résultat : des vins à la robe rubis intense, aux arômes de fruits noirs, et d'épices, avec des tanins présents mais bien enrobés. Des vins de garde aussi : dix ans et plus, sans problème.
Côté blanc, la part est minoritaire (à peine 6% du volume) mais le résultat vaut le détour : Clairette, Grenache blanc et Roussanne donnent des vins frais, floraux, sur des notes de poire et d’agrumes. Parfait à l'apéro ou avec des fruits de mer.
Le programme anniversaire
Pour marquer le coup, le village a mis les petits plats dans les grands. Cette année, la Fête du Vin de Cairanne fête les 10 ans de l'AOC. Au programme : dégustations chez les vignerons, animations dans le village, et surtout un spectaculaire show de drones, qui viendra illuminer le ciel de Cairanne à la nuit tombée.
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Pourquoi y aller
Cairanne, c'est ce genre de village vigneron authentique qu'on croise de moins en moins en France : ruelles pittoresques, paysages entre garrigue et coteaux pierreux, vue sur les Dentelles de Montmirail et le Ventoux au loin. Un vrai décor de carte postale, doublé d'une appellation qui a mis dix ans à faire ses preuves et qui compte bien le faire savoir cette année.
Si vous passez dans le Vaucluse d'ici la fin de l'été, c'est clairement le moment de pousser jusqu'au village pour trinquer à cet anniversaire.





