Tout part de la mobilisation nationale contre la vie chère du samedi 17 octobre, qui a dégénéré en violences, dégradations et pillages dans plusieurs grandes villes, Paris en tête avec Lyon et Marseille. Lundi, à l'issue d'une cellule interministérielle de crise, le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé aux préfets d'instaurer des couvre-feux « partiels et localisés » pour protéger les habitants et surtout les commerces : selon le ministre du Commerce Serge Papin, au moins 3 000 d'entre eux ont été pillés.
Jeudi en début d'après-midi, la préfecture de police a officialisé le prolongement du dispositif. Le gouvernement n'exclut pas de passer à l'état d'urgence si la situation se dégrade, mais juge pour l'instant les couvre-feux plus adaptés.
Où et quand ?
Le couvre-feu s'applique de 23h ce jeudi à 6h jeudi matin, et uniquement dans deux périmètres :
- Le terre-plein central de la place de la République (entre les 3e, 10e et 11e arrondissements).
- Le secteur de Châtelet–Les Halles, délimité par la place Maurice-Quentin, la rue Berger (jusqu'au boulevard de Sébastopol), le passage des Lingères côté rue Berger, le boulevard de Sébastopol jusqu'à la rue Rambuteau, puis la rue Rambuteau jusqu'à l'allée André-Breton.
Dans ces zones, interdiction de circuler pour tout le monde, quel que soit l'âge.
Conformément aux instructions du Premier ministre @SebLecornu et du ministre de l’Intérieur @NunezLaurent, afin de protéger les personnes et les biens des risques de violences et de pillages commis ces derniers jours par des groupes de jeunes délinquants, le @prefetpolice a pris des arrêtés périmétriques d’interdiction de rassemblement et de manifestation, dans certains secteurs de Paris. Ces arrêtés prennent effet à 20h ce jour jusqu’à 6h demain. Plus d'informations : https://t.co/AQ3YoF5RL8
— Préfecture de Police (@prefpolice) October 19, 2026
Qui peut quand même passer ?
Sont exemptés : les habitants des périmètres (sur justificatif de domicile, par tout moyen), les commerçants, les personnes qui doivent s'y rendre pour travailler et les services publics de secours.
Rassemblements interdits dès 20h
Un second arrêté interdit, de 20h à 6h, la présence de personnes participant à des rassemblements, cortèges ou défilés non déclarés dans une longue liste de secteurs : abords de l'Élysée, du ministère de l'Intérieur et des Champs-Élysées, place Vendôme, île de la Cité, quartier de l'Assemblée nationale et de Matignon, Halles, Sénat, places de la République, de la Bastille, de la Bourse et d'Italie, ainsi que les quartiers autour des gares du Nord, de l'Est, Saint-Lazare, Montparnasse, d'Austerlitz et de Lyon. Attention : il s'agit bien d'une interdiction de manifester, pas d'un couvre-feu.
Métro et RER : les stations fermées dès 22h
La RATP ferme les stations République, Châtelet, Les Halles et Châtelet–Les Halles dès 22h ce jeudi, à la demande de la Préfecture de police, avec des correspondances suspendues et une interruption partielle du RER B.
L'armée mobilisée samedi
Le gouvernement monte d'un cran pour la prochaine journée de mobilisation, prévue samedi 24 octobre. Devant l'Assemblée nationale, ce mardi, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé que les soldats de l'opération Sentinelle seront déployés en renfort. Le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui a reconnu un dispositif trop statique le 17 octobre, promet un déploiement « massif » samedi. Le gouvernement étudie aussi la possibilité d'interdire les manifestations non déclarées jugées à risque. Le détail du dispositif doit être présenté aux partis politiques jeudi 22 octobre.
Et la suite ? Impossible de dire combien de temps le dispositif va durer : les arrêtés sont pris nuit par nuit. Stay tuned.
